Rennyo Shonin, le deuxième fondateur du Jōdo Shinshū

Rennyo, de son premier prénom Hoteimaru, fils du 7ème monshu, est né en 1415 à Kyōto. Fils illégitime d'une domestique, il est nommé à la succession de son père grâce à son oncle Nyojo en 1457.
Rennyo était connu pour ses capacités de direction et d'organisation. Il a beaucoup oeuvré à fédérer les communautés du temple Hongan-ji, notamment dans les provinces de Ōmi et de Mikawa, et dans ce but il n'hésitait pas à se déplacer lui-même. Cependant l'influence qu'il exerçait de cette façon ne plaisait pas à tout le monde : en 1465, les moines Tendai du mont Hiei décidèrent de détruire le Hongan-ji en justifiant leur acte sous couvert de lutte contre l'hérétisme. Leurs véritables raisons étaient bien plus terre à terre, les moines du mont Hiei avaient d'importants intérêts financiers dans la province d'Ōmi et leur véritable objectif était de mettre un frein à l'expansion du Hongan-ji avant d'avoir à en assumer les conséquences économiques. D'ailleurs, Rennyo est parvenu à trouver un arrangement avec le mont Hiei en soudoyant les moines-guerriers et en acceptant de devenir membre des temples du Mont Hiei, ce qui incluait une redevance annuelle.
Les années qui suivirent l'attaque du mont Hiei furent des années de nomadisme, durant lesquels Rennyo poursuivit son action notamment dans les provinces de Settsu et Yoshino ainsi que dans la région du Kantō en 1469. Il décide finalement de rebâtir le Hongan-ji au plus loin de l'influence du mont Hiei et de ses moines-guerriers, dans la province d'Echizen. Une fois cette congrégation bien implantée, Rennyo retourne à Kyōto en 1475 : entre-temps Oda Nobunaga a mis le mont Hiei à feu et à sang, et les moines-guerriers Tendai ne représentent plus une menace. C'est à l'âge de 84 ans, en 1499 à Osaka, après une vie bien remplie que Rennyo atteindra finalement la Terre Pure.
Rennyo a écrit de nombreux textes en kana, l'alphabet phonétique japonais, afin de rendre ses écrits les plus accessibles possible auprès de la population. Ses textes les plus célèbres sont ses ofumis, un ensemble de lettres qu'il adressait aux différentes communautés religieuses à travers le pays. Sa lettre la plus connue est Hakkotsu no sho, "Lettre sur les cendres blanches", qui concerne plus particulièrement l'impermanence et l'importance de s'en remettre au voeu primordial du Bouddha. Ces lettres ont pris tellement d'importance qu'elles intègrent désormais la liturgie Jōdo Shinshū, puisqu'elles sont lues quotidiennement lors de l'office. D'ailleurs en ce qui concerne la liturgie quotidienne, c'est également Rennyo qui y intégra le Shōshinge et les wasans écrits par Shinran.
C'est également à Rennyo qui nous devons la popularisation du nom en 6 syllabes, Namu Amida Butsu 南無阿弥陀仏. En effet, il a réalisé de nombreuses calligraphies pour les dojos ou les particuliers, (à tel point qu'il est, apparemment, encore relativement facile de s'en procurer à l'heure actuelle) et a donc privilégié une forme de nembutsu un peu plus courte que celles que Shinran, entre autres, utilisait.
Rennyo était reconnu pour son humilité et son ouverture d'esprit et remettait en cause l'utilisation d'estrades surélevées réservées aux religieux. Il s'asseyait plutôt avec les personnes de condition modeste et n'hésitait pas à boire du saké avec eux. En plus de prêcher les enseignements, Rennyo oeuvrait également pour éradiquer les hérésies Shin, comme celle des "enseignements secret Shin". Le fait d'attirer de nombreux adeptes, dont des samouraïs de rang inférieur, lui valu d'être lui et ses partisans, mêlés au mouvement Ikkō-ikki (mouvement populaire visant à se soulever contre l'autorité des daimyos). En pleine période d'unification du Japon, la situation était très délicate. Habile politicien, l'attitude de Rennyo vis-à-vis des Ikkō-ikki fut très ambivalente. En effet, les partisans de ce soulèvement étaient souvent des adeptes Jōdo Shin et les enseignements ainsi que le charisme de Rennyo ont pu alimenter la colère des révolutionnaires, mais d'un autre côté, ce dernier n'a jamais pris parti pour ces révolutionnaires, exhortant plutôt ses disciples à adopter une conduite appropriée, voire obéissante au sein de la société civile.
Quoi qu'il en soit, il est clairement avéré que nous devons à Rennyo Shonin l'essor du temple Hongan-ji. Sans son action sans relâche et sa volonté de vulgarisation du message de Shinran, le Jōdo Shinshū ne serait probablement pas devenu l'école la plus pratiquée au Japon à l'heure actuelle.
Gratitude
Namu Amida Butsu

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