mudra du grand Bouddha Amida de Kamakura

Sur les cendres blanches

photo de bûcher
Comme nous l'avons vu très récemment, Rennyo Shonin, considéré comme le deuxième fondateur du Jōdo Shinshū, a écrit de nombreuses lettres à sa communauté. Parmi ces lettres, une en particulier est célèbre, c'est le fameux Hakkotsu no sho, "Lettre sur les cendres blanches".

Clairement ce n'est pas une lettre très enthousiasmante... Pourtant elle a beaucoup d'intérêt. Rennyo nous parle ici de l'impermanence, sans détour, de façon pour ainsi dire crue. Les cendres laissées par la crémation humaine sont blanches et il est facile d'y voir un symbole de pureté atteint après la combustion complète du défunt.

Bien sûr, ce court texte est tout indiqué lors de cérémonies funèbres et c'est souvent à ce moment-là qu'il va être lu. En général il est lu plus particulièrement juste après la crémation du corps, crémation traditionnellement observée dans la tradition bouddhiste. Mais avant d'être un texte funèbre, c'est un texte qui s'adresse aux personnes encore bien vivantes, pour leur rappeler à quel point l'existence humaine est fragile et temporaire.

Lettre sur les cendres blanches

Lorsque nous réfléchissons profondément à propos de la nature transitoire de ce monde, nous réalisons avec chagrin que cette vie est éphémère. C'est comme une illusion du début à la fin. C'est pourquoi nous n'entendons jamais parler de quelqu'un ayant atteint l'âge de 10000 ans. La vie passe vite. Qui parmi nous peut vivre jusqu'à 100 ans ? Mourrais-je le premier, ou plutôt mon voisin ? Est-ce que ce sera aujourd'hui ou plutôt demain ? Nous ne savons pas. Les gens que nous laissons derrière nous et ceux qui nous ont précédés sont plus nombreux que les gouttes de rosée qui ne restent que brièvement sur les feuilles et les branches. C'est pourquoi je pourrais avoir un visage rayonnant le matin, mais le soir n'être plus que cendres blanches.

Pris dans le vent de l'impermanence, ces yeux vont finalement se fermer et ce souffle s'arrêter pour toujours. Ce visage rayonnant va se vider de toute vie, son éclat vibrant disparaîtra. La famille et les amis peuvent se rassembler et pleurer, le coeur brisé, mais en vain. On ne peut rien faire d'autre que d'emmener cette silhouette autrefois familière dans un champ isolé. Là, dans la fumée de minuit, elle disparaît, et rien d'autre ne reste que des cendres blanches. Comme c'est malheureux.

Dans ce monde, l'impermanence engendre un climat d'incertitude aussi bien pour les jeunes que pour les vieux. Ainsi, dès à présent, prenons à coeur la véritable nature de ce monde, et menons une vie de profonde réflexion, guidés par les mots "Namu Amida Butsu".

Respectueusement,


Gratitude

Namu Amida Butsu
boutton de retour
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